Présentation

Je suis doctorante chercheuse en deuxième année de thèse de Sociologie à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), rattachée à l’Institut de Recherche Interdisciplinaire sur les enjeux Sociaux (IRIS, UMR8156 – U997).

Je suis également chargée de cours à Sorbonne Université et à l’Université Paris-Saclay ; j’enseigne la sociologie, l’épistémologie et la méthodologie de recherche en sciences sociales.

Après un double-diplôme à Sciences Po Paris et en Lettres Modernes à la Sorbonne Paris IV, j’ai étudié les Politiques Environnementales en master à Sciences Po (Paris School of International Affairs), dont j’ai été diplômée en 2019. J’ai ensuite rédigé un mémoire de recherche intitulé « La Fabrique de l’Illégitime – Une ethnographie de la ligne de bus 15 à Beyrouth » au sein du master Territoires, Espaces, Sociétés à l’EHESS.  

Mes travaux de recherche portent sur les enjeux entourant la régulation des transports privés dans des villes où ils sont les seuls transports en commun disponibles. Mon travail de terrain se concentre particulièrement sur le réseau de bus à Beyrouth.  Mes thématiques de recherches croisent des sujets divers – la romantisation de la pauvreté urbaine, la question de la manifestation empirique de la présence de l’Etat dans les pratiques des habitants, l’invention de la ville par le discours notamment.

Depuis longtemps passagère des bus beyrouthins, j’ai commencé mes recherches à leur sujet lorsque j’ai intégré l’équipe de Bus Map Project en tant que directrice de la recherche. Bus Map Project est un groupe de cartographes travaillant à documenter le réseau de bus libanais. J’ai eu envie de les rejoindre et de travailler à leurs côtés, puis de poursuivre mes recherches dans un cadre universitaire, lorsque j’ai commencé à me questionner sur la manière dont l’invisibilisation et la romantisation des bus au Liban influençaient les pratiques des usagers et non-usagers.

Plus largement, mes travaux interrogent la légitimation et la délégitimation de diverses formes de mobilités urbaines privées, jugées « disruptives » et « créatives » lorsqu’elles s’insèrent dans une image de marque de la ville orientée autour de la smart city ; ou « chaotiques » et « informelles », en fonction des classes sociales qui les utilisent et les opèrent.  L’étude de cas de la régulation et des pratiques entourant ce réseau de bus libanais permet plus généralement une épistémologie de ce qui « fait » la ville, et des conditions dirimantes à son fonctionnement. A de nombreux égards, Beyrouth peut être considéré comme un cas-limite, qui permet de questionner le seuil jusqu’auquel des infrastructures de transports en commun peuvent se réguler elles-mêmes. La marchandisation croissante de la mobilité dans le monde, que ce soit par le biais d’ouverture à la concurrence d’entreprises de transports publics, ou par l’essor d’entreprises traitant la mobilité comme un service (Uber ou Careem), montre que l’analyse du cas beyrouthin a beaucoup à nous apprendre. 

Au-delà des recherches liées à ma thèse, je m’intéresse à la mystification et la romantisation de certaines réalités urbaines ; à l’exploration de la nostalgie et du déni de réalité qu’elle peut entraîner ; au droit au logement et à la mobilité ; et à la performance de l’intimité (l’expression est de Maggie Nelson) sur les réseaux sociaux et dans la littérature. Je suis passionnée par la littérature française et les danses orientales. J’aime beaucoup écrire sur ces sujets, et il arrive qu’ils croisent – de manière plus ou moins capillotractée – mes travaux académiques.